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Full text of "Annales de la Société d'émulation pour l'étude de l'histoire et des antiquités de la Flandre"

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ANNALES 



DE LA 

SOCIÉTÉ D'ÉMULATION 

POUR L’ÉTUDE 

DE L’HISTOIRE & DES ANTIQUITÉS 

DE LA FLANDRE 
4 e SÉRIE 

TOME VIII, XXXV' VOLUME DE LA COLLECTION 



ANNÉE 1885 



BRUGES 

IMPRIMERIE DE ZUTTERE-VAN KERSSCIIAVER 



1886 



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Le Président, 




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LISTE DES MEMBRES 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'ÉMULATION 

POUR L’ÉTUDE DE 



L’HISTOIRE ET DES ANTIQUITÉS 

DE LA FLANDRE. 

Membres Effectifs. 



J) H Zot 
F H-S& 
v. 3 s~ 



Messieurs: 

1. Joseph-Olivier ANDRIES, chanoine de la cathédrale de Bruges, 

décoré de la Croix de fer, commandeur de l’Ordre de Léopold, 
chevalier de l’Ordre de St. Grégoire-le-Grand, membre de 
l’Académie d’Archéologie de Belgique, l’un des membres-fonda- 
teurs de la Société d’Émulation, président. 

2. Alfred RONSE, membre de la Chambre des Représentants, 

échevin de la ville de Bruges, membre du Comité'. 

3. François BRUYNEEL, bibliophile, à Courtrai. 

4. Alois NELIS, professeur à l’athénée royal de Bruges, biblio- 

thécaire. 

5. Jules BROUCKAERT, bibliophile, à Courtrai. 

6. L’abbé A. C. E. J. DE SCHREVEL, licencié en théologie, directeur 

du séminaire, à Bruges, membre du Comité. 

7. Ad. DECLERCQ-SWINNEN, avocat, conseiller provincial et 

communal, à Bruges, membre du Comité. 

8. Monseigneur H. F. BRACQ, prélat domestique de S. S., assistant 

au trône pontifical, officier de l’Ordre de Léopold, docteur en 
théologie, évêque de Gand. 

9. Le baron Arthur SURMONT DE GHEUS, sénateur, à son 

château, à Voormezeele lez-Ypres. 
là. Jean VAN RUYMBEKE, bibliophile, à Courtrai. 

11. Le baron Ernest VAN CALOEN, docteur en droit, à Lophem. 

12. Le baron BETHUNE-D’YDEW ALLE, membre correspondant de 

la Commission royale des monuments, président de la Gilde de 
S. Thomas et S. Luc, à Gand. 



830 



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Messieurs: 



13. Le chevalier Gustave VAN HAVRE, ancien sénateur, bourgmestre 

de Wyneghem, près d’Anvers. 

14. Jules VANDENPEEREBOOM, Ministre des Chemins de fer, 

postes et télégraphes de Belgique, à Bruxelles. 

15. Ernest LEFÈVRE-VAN DEN BERGHE, archéologue, à Gand. 

16. J. VAN CALOEN DE BASSEGHEM, conseiller provincial, mem- 

bre de la commission administrative des Hospices civils, à Bruges. 

17. DésirA VAN DE CASTEELE, conservateur des archives de 

l’État, à Liège, chevalier de l’Ordre de Charles III d’Es- 
pagne, secrétaire de l’Institut archéologique liégeois, membre de 
l’Académie d’archéologie d’Anvers, de la Société historique, 
archéologique et littéraire de la ville d!Ypres et de l’ancienne 
West- Flandre, de la Société de littérature neérlandaise de Leide, 
de la Société zélandaise des sciences etc. membre du Comité. 

18. Le chanoine Ad. DUCLOS, conservateur des SS. Reliques du 

diocèse de Bruges, membre de la Gilde de Ste-Lutgarde pour 
l’étude de la langue et des antiquités flamandes, rédacteur du 
Rond dttt Hecrd) membre du comité directeur de la Société ar- 
chéologique et du Musée de Bruges. 

19. I. L. A. DIEGERICK, archiviste et bibliothécaire de la ville 

d’Ypres, chevalier des Ordres de Léopold et de la Couronne de 
Chêne etc., membre de plusieurs sociétés savantes, à Gand. 

20. Mgr. le baron F. BETHUNE, chanoine de la cathédrale de 

Bruges, membre correspondant de la Commission royale des 
monuments, président de la société archéologique, à Bruges. 

21. Le comte Th. VAN DER STRAETEN -PONTHOZ, grand-maré- 

chal de la Cour, grand’croix des Ordres de Léopold et du Lion 
néerlandais, de la Couronne de fer d’Autriche etç., à Bruxelles. 

22. DE PORTEMONT, ancien membre de la Chambre des Repré- 

sentants, juge de paix honoraire, à Grammont. 

23. Gustave CARTON, chevalier de l’Ordre de Léopold, docteur en 

médecine, à Wynghene. 

24. Monseigneur Jean- Joseph FAICT, docteur en théologie, en philo- 

sophie et lettres, officier de l’Ordre de Léopold, évêque de Bruges, 
prélat domestique de S. S. et évêque assistant au trône pontifical. 

25. Le vicomte Albéric DE MONTBLANC, membre de la Chambre 

des Représentants, chevalier de l’Ordre de Léopold, à 
Ingelmunster. 

26. Le baron KERVYN DE LETTENHOVE, membre de la Chambre 

des Représentants, commandeur de l’Ordre de Léopold, chevalier 
des Ordres de François-Joseph d’Autriche et de l’Étoile Polaire, 
membre de l’Académie royale de Belgique, président de la 
Commission royale d’IIistoire etc. à St. Michel lez -Bruges, 
MEMBRE DU COMITÉ. 



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Messieurs: 

27. Jules LAMMENS, sénateur, à Gand. 

28. Léon DE FOERE, docteur en droit, à Bruges, Secrétaire- 

Trésorier. 

29. Le comte Amedée VISA RT, membre de la Chambre des 

Représentants, bourgmestre de la ville de Bruges, chevalier de 
l’Ordre de Léopold. 

30 Le comte Thierry DE LIMBURG STIRUM DE THIENNES, 
sénateur, membre de la Commission royale pour la publication 
des anciennes lois et ordonnances etc., à Gand, membre du 
Comité. 

31. Édouard NEELEMANS, chevalier de l’Ordre de la Couronne 

de Chêne et ancien bourgmestre d’Eecloo, memûre du Comité. 

32. Le Père Supérieur de la résidence des RR. PP. Jésuites à 

Bruges. 

33. L’abbé J. D. M. ROMMEL, principal du collège St-Louis, à 

Bruges, membre du Comité. 

34. René CHALON, commandeur de l’Ordre de Léopold et de 

l’Ordre du Christ de Portugal, etc., président de la Société des 
Bibliophiles belges, membre de l’Académie royale <fe Belgique, 
vice-président de la Commission royale des monuments etc., à 
Bruxelles. 

35. Le chanoine Alphonse DE LEYN, docteur en droit, membre 

du Comité. 

36. J. M. E. FEYS, chevalier de l’Ordre de Léopold, membre 

correspondant de l’Académie héraldique italienne de Pise, 
professeur honoraire d’athénée, à Bruges, vice-président. 

37. Le Docteur Aimé REMBRY-BARTH, membre effectif de la 

Société historique, archéologique et littéraire de la ville d’Ypres 
et de l’ancienne West-Flandre, membre correspondant de la 
Société historique et littéraire de Tournai, du Cercle archéologique 
de Mons, de la Société paléontologique et archéologique de 
Charleroi, de la Commission historique du département du Nord, 
de la Société académique d’agriculture, sciences et arts de Douai, 
de la Société des Antiquaires de la Morinie, de la Société 
littéraire, historique et archéologique de Lyon, etc., archiviste 
de la ville de Menin. 

38. Gustave DE SNICK, juge de paix, à Thourout. 

39. Ignace DE COUSSEMAKER, archéologue, membre de plusieurs 

sociétés savantes, à Bailleul. 

40. Ferdinand VAN DER HAEGHEN, chevalier des Ordres de 

Léopold de Belgique, de l’Étoile Polaire et de la Couronne 
royale de Prusse etc., membre correspondant de la Commission 
royale des monument*, bibliothécaire de l’Université, à Gand. 



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Messieurs : 



41. L’abbé Aug. VAN SPEYBROUCK, membre du Comité flamand 

de France, membre de la Commission instituée par le XIX« 
congrès néerlandais pour la régularisation des noms flamands 
des communes et villes de la Belgique et de la Hollande, 
BIBLIOTHÉCAIRE-ADJOINT. 

42. L’abbé VAN DER MEERSCH, directeur du couvent des Dames 

de Rousbrugghe, à Ypres. 

43. Le chevalier Amédée DE SCHOUTHEETE DE TERVARENT- 

DE MUNCK, ancien vice-président du conseil provincial de 
la Flandre orientale, président du Cercle archéologique du pays 
de Waes, château de Moeland, à St- Nicolas (Waes). 

44. Adile MULLE DE TERSCIIUEREN, membre de la Chambre 

des Représentants, à Thietî. 

45. Alphonse ROELS, bibliophile, à Bruges. 

46. Hector DE SCHIETERE DE LOPHEM DE BIE, juge au 

tribunal de première instance, à Bruges. 

47. Le baron DE CONINCK DE MERCKEM, sénateur, à son 

château, à Merckem. 

48. Arthur MERGELYNCK, membre titulaire du Comité flamand 

de France, de la Société historique, archéologique et littéraire 
de la ville d’ Ypres, à Ypres. 

49. L. J. MESSIAEN, curé, à Reckem. 

50. P. CROCQUISON, chevalier de l’Ordre de Léopold, architecte 

provincial, membre correspondant de la Commission royale des 
monuments, président de la Société des Beaux-Arts, à Courtrai. 

51. Le Baron Jean BETHUNE-DE VILLERS, membre du conseil 

provincial de la Flandre occidentale, bourgmestre d’Oost-Roose- 
beke, membre du Comité delà Gilde de S. Thomas et S. Luc. 

52. Le Baron Albert VAN CALOEN-VAN OCKERHOUT, docteur 

en droit, conseiller provincial de la Flandre occidentale, à 
Lophem, membre du Comité. 

53. Wilfrid C. ROBINSON, ancien zouave pontifical, rédacteur du 

Catholic Progressa à Bruges. 

54. Victor MAELFAIT, littérateur, membre de la Société » De 

Vriendschap »> à Roulers. 

55. Le vicomte DE RUFFO BONNEVAL, à Bruges. 

56. Le chevalier Amaury-Joseph-Chari.es DE GHELLINCK D’EL- 

SEGHEM, membre de la Société des Bibliophiles flamands à 
Gand, de la Société des Bibliophiles belges, de la Société ar- 
chéologique de Mons et du Cercle archéologique d’Enghien, à 
Bruxelles. 



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Membres honoraires. 



Messieurs : 

1. Mgr. A. NAMÈCHE, recteur émérite de l’université catholique 

de Louvain, prélat domestique de S. S., docteur en théologie, 
chanoine honoraire de l’église métropolitaine de Malines, officier 
de l’Ordre de Léopold, professeur émérite à la faculté de 
philosophie et lettres, à Parck, lez-Louvain. 

2. Louis DE BAECKER, inspecteur des monuments historiques, 

chevalier des Ordres de la Couronne de Chêne et de Henri-le-Lion 
de Brunswick, officier d’ Académie, membre de la Commission 
historique du département du Nord, de la société des Arts 
et Sciences de Douai, des antiquaires de la Morinie, de la 
Société d’Émulation de Cambrai, etc., à Noordpeene. 

3. Le R. Père Henri-Marie IWEINS, de l’ordre des Frères-Prêcheurs, 

membre de l’Académie d’archéologie de Belgique, membre cor- 
respondant de la Société des antiquaires de la Morinie et du 
Comité flamand de France, à Louvain. 

4. Édouard VAN CAUWENBERGHE, littérateur, échevin de la 

ville d’Audenarde. 

5. NOLET DE BRAUWERE VAN STEELAND, docteur ès-lettres, 

chevalier de l’Ordre du Lion néerlandais, commandeur des 
Ordres de la Couronne de Chêne, du Christ de Portugal et 
d’Ernest-Auguste de Hanovre, chevalier des Ordres de Léopold 
de Belgique, de l’Étoile Polaire, du Danebrog, d’Adolphe de 
Nassau, de François I eP des Deux-Siciles et de Henri-le-Lion de 
Brunswick, associé de l’Académie royale de Belgique, à Vilvorde. 

6. Alphonse-Philippe-Ghislain Comte VAN DE WALLE, homme 

de lettres, chevalier de l’Ordre de St-Grégoire-le-Grand, com- 
mandeur et chevalier de divers autres Ordres, administrateur de 
de la Banque de la Flandre Occidentale, membre de l’Académie 
d’archéologie de Belgique, du Comité flamand de France, de la 
Société des Antiquaires de la Morinie etc., à Bruges. 

7. Ch. PIOT, officier de l’Ordre de Léopold, chevalier de l’Ordre 

de François-Joseph d’Autriche, archiviste-général-adjoint du 
Royaume, membre de l’Académie royale de Belgique, et de la 
Commission royale d’Histoire, etc. à Bruxelles. 



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Messieurs : 



8. N. DE PAUW, procureur du Roi, chevalier de l’Ordre de Léopold, 

membre de la Commission des archives et de celle des monuments 
de la ville de Gand, du Cercle archéologique de Termonde etc. 
à Bruges. 

9. Mgr. le chanoine Chrétien DEHAISNES, secrétaire-général 

des Facultés catholiques de Lille, ancien archiviste-général du 
département du Nord, à Lille. 

10. Le R. P. ïÎUB.-Prosper VANDERSFEETEN, de la Compagnie 

de Jésus, à Bruxelles. 

11. Alphonse DE SCHODT, directeur -général de l'enregistrement 

et des domaines, officier de l’Ordre de Léopold, secrétaire-tré- 
sorier de la Société royale belge de numismatique, membre de la 
Société des antiquaires de Suède, à Bruxelles. 

12. Alb. MATTHIEU, juge au tribunal de première instance, à 

Bruxelles. 



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1302. 



LE 

COMPTE COMMUNAL 

DE LA VILLE DE 

BRUGES. 



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1302 . 

LE 

COMPTE COMMUNAL 

DE LA VILLE DE 

BRUGES 

Mai i3o2 a Février i3o3 (n. s.) 

AVEC UNE INTRODUCTION ET UNE TABLE DES NOMS 

PAR 

JULES COLENS 

CONSERVATEUR DES ARCHIVES DE l’ÉTAT A BRUGES 

SUIVI D’UN GLOSSAIRE 

PAR 

AUG. VAN SPEYBROUCK 



Ce serait une publication d’un grand 
intérêt que l’impression complète de tous 
les comptes relatifs à la bataille de Cour- 
tray déposés aux Archives de Bruges .... 

B** Kbkvyn dk Lbttbnhove, Hht. 
de Flandre * 1. II, p. 63 x. 



BRUGES 

IMPRIMERIE DE ZUTTERE-VAN KERSSCHAVER 

1886 



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l est inutile d’insister sur l’importance 
et la valeur que présente le compte de 
la ville de Bruges pour l’année i3o2. 
Cette date mémorable, non moins que l’espace 
de plusieurs siècles qui nous en séparent, jus- 
tifient amplement le haut intérêt, qui se rattache 
à ce document; quant à sa valeur, elle est 
incontestable, comme celle de tout monument 
dont l’exemplaire est unique. Le double n’existe 
pas aux Archives Générales du Royaume. 

Pressé par de vives instances, nous publions ce 
manuscrit original, contemporain d’une époque 
héroïque entre toutes. Aucun commentaire cri- 
tique sur ses révélations, touchant au domaine 
de l’histoire, n’accompagne notre publication : 
nous avons suivi, en cela, le conseil de nos aînés, 
travailleurs rompus aux leçons de l’expérience 
et pouvant se prévaloir d’une réputation scien- 
tifique parfaitement établie. L’impartialité, avec 

Annales, 4 * Série, t. VIII. 1 




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II 



laquelle il convient de laisser examiner les dé- 
tails minutieux et souvent circonstanciés du 
compte, nous trace cette ligne de conduite. De 
cette manière, tous ceux qui s’intéressent à la 
période glorieuse, qu’embrasse notre travail, 
pourront émettre en toute liberté, une apprécia- 
tion exclusivement inspirée par leurs sentiments 
personnels ; et nous aurons évité ce qui n’arrive 
que trop fréquemment, à savoir, que le lecteur 
se laisse captiver agréablement par l’opinion 
déjà exprimée, avant qu’il n’ait eu le loisir de 
jeter un coup d’œil, même rapide, sur la pièce 
principale, seule digne de son attention pre- 
mière D’autre part, une fois publié, le document 
sera mis en état d’être étudié par les spécialistes, 
sous ses diverses faces ; examen qu’il mérite 
assurément à raison de son grand âge. Notre 
ambition se bornera ainsi au premier, mais aussi 
au plus important de nos devoirs d'archiviste: 
celui de mettre les curieux et les savants en 
communication facile avec les titres conservés 
aux dépôts d’archives publiques. 

Le compte communal de l’an i 3 o 2 fait partie 
des riches collections déposées aux archives de 
la ville de Bruges ('). Il forme un volume in- 



(i) L. GillioDTS-Van Severen, Inventaire des archives de la ville de 
Bruges. Chartes. Introduction. Dans l’aperçu sommaire des collections. 
Chap. IV. Finances. § I. Comptes de la ville: p. 24. « Année 1302; 
un registre, plus un rouleau, contenant un double des dépenses. * 



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III 



folio, mesurant 48 centimètres de hauteur, sur 
33 centimètres de largeur, et est entièrement 
écrit sur parchemin. Originairement composé 
de 72 feuillets, il en comprend aujourd'hui 70, 
numérotés de j à lxxj, d’une belle écriture go- 
thique cursive; sa reliure actuelle, qui répudie 
toute prétention à l’élégance, est façonnée à la 
manière moderne : carton recouvert de papier 
bleu, dos et coins en parchemin. Sur la cou- 
verture est appliquée une étiquette de papier 
blanc portant cette inscription, tracée en carac- 
tères de notre époque : « Stede Rekening. An 0 
r3o2, gaende van 3i mei i3o2 tôt 2 e " februarij 
i3o3 [n. st.]. » Au dos le millésime « i3o2 ». 

Ce document est complet, moins les feuillets 
lxiij et lxxij. Comme ceux-ci enveloppaient le 
dernier cahier du volume, on comprendra, 
sans peine, qu’ils ont pu s’égarer antérieurement 
à la reliure. Le feuillet xxxvij a été remplacé 
par une bande étroite de parchemin large de 
19 centimètres, cousue sur l’onglet formé par 
le fragment de la feuille enlevée. Selon toute 
apparence, cette bande a été intercalée par les 
magistrats qui ont siégé postérieurement à la 
reddition du compte, car elle contient le résultat 
d’un contrôle, fait au moyen du journal tenu 
par le trésorier, de l'argent prêté au temps, est-il 
dit dans la formule introductive, où Martin vander 
Rughe et Jean Heme étaient bourgmestres. Notre 
opinion est corroborée d’ailleurs, par la mention 
« Scriptum hic, in anno CCC° IX 0 , per scabinos 



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IV 



tune», dont nous parlerons plus loin. Quant à 
l’un des deux feuillets qui manquent, le seul 
probablement qui ait reçu des annotations, nous 
avons emprunté son contenu au rouleau, sur 
lequel sont inscrits les payements opérés pendant 
la même année. Ce rôle forme le double du 
chapitre des dépenses du compte relié; et, de 
même que celui-ci, il est déposé aux archives 
communales. 



La pièce désignée comme rouleau, fort bien 
conservée du reste, consiste en une liasse de 
feuillets de parchemin, au nombre de 57, 
rattachés ensemble, par la base, au moyen de 
quatre liens, également distants l’un de l’autre 
et formés de bandelettes torses de la même 
matière. Elle constitue donc en réalité un cahier 
oblong, sans couverture, de 63 centimètres de 
longueur, sur 28 de largeur. Les feuillets, nu- 
mérotés des chiffres j à Ivij, tous précédés de la 
lettre A, n’ont été employés qu’au recto. Une 
belle écriture gothique cursive du XIV e siècle 
occupe les lignes, qui sont tracées dans le sens 
de la largeur; la succession régulière de celles-ci 
devait permettre de rattacher les feuillets un à 
un, de manière à les faire suivre d’après leur 
ordre de transcription, au cas où l’on aurait 
voulu disposer le compte sous forme de rouleau. 

Le feuillet supérieur, qui est le dernier dans ' 
l'ordre de la transcription, porte à l’article final: 



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V 



«Jtem Janne den Groten vander Scotten wulle». 
Le premier feuillet, placé par conséquent à 
la partie inférieure, commence par ces mots : 
«Vte ygheven omme den cost ende die be- 
duerste van minen here Willemme van Guleken 
ende van sinen l[ieden] » . 

Au dos: « Computatio.... ». Plus bas: «Com- 
putatio extradati. Martini de Ruga. Et Joannis 
Heems. Burgimagistrorum ville Brugensis». 
Transversalement, entre cette suscription et le 
bord du feuillet: i° d’une main moderne: «Sans 
date, mais de i3oi. Voyez compte de i33i à 
i332, f° 104 v°. » — 2 0 écrit de la main de feu 
M. Bossaert, archiviste de la ville: «N. B. Ce 
compte de dépenses est le double de la deu- 
xième partie du compte de i3û2; voyez ce 
compte, f° s 3g et suivants. [Janvier 53]». 



Faisons encore la description des deux feuil- 
lets isolés, qui suivent, et dont le dépôt a été 
fait, comme annexes, à la fin du compte relié. 

I. Feuillet de parchemin, ayant fait partie d’un 
rouleau; XIV e siècle; écriture gothique cursive, 
peu soignée; longueur 45 centimètres, largeur 
24 centimètres ; marqué en marge de la lettre C. 
Première ligne : « Ontfanghen in wine ende 
van wine » . Le parchemin étant rongé au bas 
de la page, la dernière ligne, qui devait contenir 
la somme totale des articles, est perdue; voici 
la transcription de l’avant-dernière: «Jtem bi 



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VI 



den seluen van vate wijns int Zuin ijcocht 

bi Jan Soybarde, lij ç ffi. ». 

C'est le double de la matière traitée aux folios 
xxvj et xxvij du compte relié de i3o2. 

II. Autre feuillet de parchemin, également 
extrait d’un rouleau ; même écriture du XIV e 
siècle; longueur 64 centimètres, sur 24 centi- 
mètres de largeur. Première ligne: «Jtem bi 
den Vaerwers, omme te vaerwene der zelscut- 
ters frocke, xviij ®,vs,». Dernière ligne: «Jtem 
van Janne Gherloef vp den coep van i maste, 
die hem vercocht was, die Colarde Cortscofs 
was, viij ». En marge, d’une écriture moderne: 
«Compte de i3o2. Voyez les mêmes articles au 
folio 2 verso et 3 recto du compte relié de cette 
année ». 

En effet, ce feuillet est un fragment du cha- 
pitre des recettes dudit compte, auquel il sert 
de double, mais il y est reproduit dès le folio j 
in fine, ligne 4, et s’arrête au folio iiij, ligne 10. 



Comme on le voit, les documents, qui précè- 
dent, sont écrits en langue flamande. Jusqu’à 
présent, aucun d’eux n'a été publié en son 
entier. Seules, quelques transcriptions éparses 
ont vu le jour. Il n’en est pas de même des 
pièces suivantes qui, pour la plupart, écrites en 
langue française, ont trouvé avec avantage leur 
place marquée dans une savante publication que 
plusieurs années de laborieuses recherches et 



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VII 



de patientes investigations ont permis d’enrichir 
de notices multiples et précieuses à la fois (*). 
Notre devoir est, non seulement d’appeler, sur 
ces pièces extrêmement intéressantes, toute l’at- 
tention qu’elles méritent, mais encore de les 
signaler ici d’une façon exceptionnelle, car elles 
servent de complément au compte général; en 
un mot, elles renferment le détail d’un grand 
nombre d’articles, qui y ont été condensés, tantôt 
sous une rubrique fort concise, tantôt sous l’in- 
dication très-laconique du nom du fournisseur. 
A vrai dire, ce sont de simples mémoires de 
frais et débours servant à justifier des prétentions 
aux fins de payement. 

Bien que les éléments essentiels manquent 
pour reconnaître exactement et d’une manière 
précise la place qui a été assignée à chacune 
d’elles par les trésoriers dans les divers chapitres 
de leur compte général, nous sommes parvenu 
néanmoins, après un travail passablement fas- 
tidieux, à la retrouver avec certitude pour quel- 
ques-unes. Quant à celles qu’un défaut d’indi- 
cation suffisante nous a empêchées de découvrir, 
nous conjecturons qu’un remaniement, opéré 
dans le but de classer chaque catégorie de 
dépenses dans le chapitre ou le paragraphe qui 
lui était destiné, aura été le point de départ 
d’une modification radicale dans la rédaction des 



(2) L. Gilliodts-van Severen, op. cit . 



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VIII 



divers articles; d’où la conséquence inévitable de 
rendre tout essai de rapprochement impossible. 

Il paraît évident, du reste, que tous les comp- 
tes particuliers ou partiels ont dû être soldés 
par le « commun » de la ville et par conséquent 
repris au compte général annuel. 

Voici donc l’analyse sommaire de ces docu- 
ments, ainsi que leur description, telle que nous 
les présente l'Inventaire des archives de la ville 
de Bruges. Nous avons observé l’ordre dans 
lequel ils se suivent dans cet ouvrage remar- 
quable et sous chaque description nous avons 
indiqué le feuillet du compte relié sur lequel 
il a été reporté ( 3 ). 

i56. — 1302, sans date. — • Chest chou ke Henris de 
Louchins, chevaliers, demande por lui et por ses gens. * 

Notes de dépenses faites à Cassel, à Ypres et à 
Courtrai pour Mgr. Henri de Louchin et sa compagnie. 
Cet écrit est bâtonné et semble n’offrir qu’un compte 
approximatif, car sur les sept articles, qui le composent, 
il y en a deux dont les sommes sont suivies des mots : 
• et plus». Le total tel quel, y compris la cure de 
deux blessés et la perte de trois chevaux, s’élève à 
1,218 %. parisis. 

Feuillet de parchemin. — Suscription : « De mo. sing p Henr. de 
Louchin. « 



(3) Nous avons cru inutile de donner ici la concordance des feuillets 
du compte manuscrit avec les pages du présent volume ; le lecteur 
se retrouvera aisément, attendu que l’indication des feuillets du compte 
est établie en marge de notre travail. 



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IX 



Voir les articles correspondants du compte, 
au feuillet xlvj r°, ligne n et suivantes. 

157. — 1302, sans date . — » Ce sont li despens mon 
singneur Sohier de Gand de leure ke jl vint à Bruges, 
ou seruice mon singneur Willem de Julers et le Vile 
de Bruges, ains ke on alast a Courtrai. * 

Note des dépenses de Mgr. Sohier de Gand, de son 
fils et de sa troupe, depuis le premier jour de la seconde 
semaine de mai, qu’ils sont arrivés à Bruges, au service 
de Guillaume de Juliers, jusqu’à leur départ pour l’ar- 
mée; et ensuite du 22 Juillet au 10 Août. 

Les dépenses sont renseignées globalement, de se- 
maine en semaine et forment un total de 893 il s. 
5 d. parisis. 

Long feuillet de parchemin étroit. — Suscription : » De mon sing r 
Sohier de Gand *. 

Voir les articles correspondants, au feuillet 
xli v°, lignes 6, 7 et 8, 

1 58 . — 1302, sans date. — «Van mins heren Willem 
rekeninghe van Ghuleke. * 

Note de dépenses faites en divers hôtels à Bruges, 
par des personnes de la suite de Guillaume de Juliers, 
parmi lesquelles sont cotés son frère, le prévôt de 
Sainte- Pharaïlde, et Simon de Vaerwych. 

Le total des articles s’élève à 144 %. 11 s. parisis. 

Feuillet de parchemin étroit. 

Voir les articles correspondants, aux feuillets 
xlvij v°, in fine, et xlviij r°, ligne 1 et suiv. 

i 5 g. — 1302, sans datç . — « Dit es dat Martin van den 
Busche heuet geleuert miinhere Willem van Guleke. * 

Compte de fournitures faites par Martin vanden 



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X 



Bussche pour les montures de Guillaume de Juliers et 
de sa troupe. Dans ce mémoire figurent différents objets 
d’équipement. Le tout s’élève à la somme de 254 %. 
15 s. parisis. 

Feuillet de parchemin. 

Voir au compte: feuillet xliiij v°, in fine. 

160. — 1302, sans date. — • C’est chou ke li ville de 
Bruges a delivret as mariscaus monsigneur Willaume 
et kella furni pour Jans pour le marescauchie. * 

Note d’une dizaine de fournitures d’avoine et objets 
d’équipement pour les chevaux de Guillaume de Juliers 
et de sa troupe ; tels que * sielles de paleffrois, lorains, 
sielles de banieres, keuestres, caingles et sourcaingles, 
frain de coursier, espourons, lanches *. Le tout s’élève 
à la somme de 415 <&. 12 s. 9 d . parisis; y compris 
les frais d’une étape à Poperinghe. 

Carré de parchemin. Cette note est bâtonnée, ce qui semble indiquer 
que le contenu en a été porté dans un compte de dépenses de même 
nature. 

Voir au compte, feuillet xli r°, ligne 1 et sui- 
vantes. 

161. — 1302, sans date . — * Dit es die cost van den 
waghene en van den perden die waren in die hereuard 
te Duay. • 

Compte de dépenses pour les chariots et les chevaux 
de trait employés dans l’expédition à Douai. Les ca- 
pitaines des corps de métier, qui ont fait cette cam- 
pagne de 41 jours, sont nominativement cités. Les 
tisserands, formant le corps le plus nombreux, ont 
fourni 14 capitaines et 133 chevaux; les foulons, 12 
capitaines et 97 chevaux ; les poissonniers 3 capitaines 
et 22 chevaux; les bateliers 12 chevaux; les chandeliers, 

1 o ; les cordouaniers et cordonniers (den kardewaniers 



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XI 



ende den coyen scoenmakers), 29 ; les boursiers et 
gantiers, 22; les tailleurs, 16; les chaussetiers, 3; les 
tanneurs, 20; les bouchers, 16; les orfèvres, 2; les 
ceinturonniers, 4; les gainiers, 2; les tondeurs, parmi 
lesquels figure «Gilles die Coning®, 50; les maçons, 
12; les charpentiers, 30; les jaugeurs de vin, 12; les 
fripiers, 12; les febvres, 34; les couvreurs, 12; les 
fourbisseurs, 4; les meuniers, 6; les * tapijt weuers ®, 8; 
les porte-faix, * Pijnres ®, 8; les courtiers, 52; les 
barbiers, 8; les teinturiers, 16; les fruitiers, 4; les 
« culcstickers •, 13. A cette expédition ont aussi pris 
part 10 capitaines Zélandais, avec 67 chevaux, pendant 
22 jours ; un capitaine des templiers blancs avec 4 
chevaux ; un capitaine des frocs noirs et un autre des 
frocs gris. Le coût total des charrois, à raison de 1 s. 6 d . 
par jour et par cheval, s’est élevé à 1,867 6 s, parisis. 

Cahier de trois feuilles, dont la première est en divers endroits 
rongée et tachetée. 

Le compte communal de l’an 1302 résume ces articles de dépense, f° 55. 

Voir feuillet lv r°, lignes 5 et suivantes. 

162. — 1302, sans date . — * Dits die cost van den 
waghenen die jnt here waren te Greueninghe. • 

Compte de dépenses pour chariots, qui sont allés 
à Gravelines avec les corps de métier de Bruges, et 
désignant les paiements faits à cette occasion aux ca- 
pitaines, nominativement cités. On voit que l’expédition 
a duré seize jours et que les chevaux de trait ont 
coûté, à raison de 18 deniers par jour et par cheval, 
la somme de 469 %. 18 s. parisis. 

Deux feuilles de parchemin reliées par les bouts inférieurs et pleines 
de taches ; c’est un cahier incomplet, car on n’y trouve mentionné que 
trente-deux métiers, dont les dépenses pour charrois n’atteignent que 
la somme de 234 %. S s. parisis. 

Ce compte particulier est résumé dans le compte communal de l’an 
1302, f» 55 vo. 



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XII 



Voir feuillet lv v°, lignes 7 et suiv. 

164. — 1302, sans date. — - Dit heft Gillis die Juede 
ende sijn gheselscep vte ghegheuen bi den here Martine 
van der Rughe « 

États de paiements faits par Gillis die Juede et ses 
compagnons, d’après les ordres des échevins et pour 
le service de la ville de Bruges, dans plusieurs ex- 
péditions guerrières. 

Cahier de sept feuilles de parchemin étroit, de longueur différente 
et reliées par le bout inférieur. Les annotations latines, écrites d’une 
autre main, qui suivent plusieurs articles de ce compte, semblent y 
avoir été apposées pour la vérification, et se rapporter plus spécialement 
à l’expédition de Courtrai. 

Nous avons vainement recherché les traces de 
ce mémoire dans le compte communal. D’après 
un article de recette inscrit au feuillet iij r°, 
ligne ix, Gillis die Juede et ses compagnons 
devaient être préposés à la recette du produit 
des rentes et des loyers de biens confisqués. 
A-t-on renseigné la recette brute, déduction faite 
des divers payements opérés? Dans ce cas, le 
rôle de débours produit à l’appui du versement 
ne devait pas prendre place au chapitre des 
dépenses. 

166. — 1302 ( vers la fin de Juillet). — » Dit heft 
Arnoud Liefbroeder vte ghedaen sichten sfrindaghes 
dat mijn here Willem porrede saterdaghes van Cortrike 
te Ghent wart. » 

Compte de dépenses faites par Arnold Liefbroeder, 
pour achat de tentes et autre matériel de campement 
à l’usage de Guillaume de Juliers et de sa troupe; 
frais de confections, réparations et transport, etc., depuis 



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XIII 



que Mgr. est parti de Courtrai pour Gand. Le total 
est de 95 Tb. 1 6 s . i d. parisis. 

Deux feuillets de parchemin cousus bout à bout. 

Voir les articles correspondants, au compte, 
feuillet xliiij recto vers la fin, où ce compte 
particulier est résumé. 

V 

167. — 1302, sans date , fin de Juillet . — «Ce sunt 
drap akateit a Gand pour mon singneur et pour ses 
cheualiers et pour ses autres gens. » 

Note de drap et fourrures pour habillements de Guil- 
laume dejuliers, de ses chevaliers, écuyers, sergents, 
chambellans, chapelains, clercs et domestiques. La 
majeure partie de ce drap a été achetée à Gand ; l’autre 
à Bruges et à Courtrai. 

Deux feuilles de vélin étroit, très endommagées par des mouillures 
et en grande partie illisibles. 

Voir le compte au feuillet xlvij r°, in fine, et 
xlvij v°. On n'y trouve que le nom des four- 
nisseurs. 

168. — 1302, sans date . — En français. 

Dépenses renseignées par divers dizainiers ou officiers 
subalternes des capitaines de l’armée flamande, pour 
vivres et logement d’hommes et de chevaux, achat de 
drap, armures, selles, etc. Les sommes ne sont pas 
récapitulées. 

Cinq feuillets de parchemin, étroits et de longueur inégale, marqués 
des lettres C, D, E, F, G, ce qui prouve qu’il y en a eu au moins 
deux de plus. Ils ont d’abord été reliés par le bout inférieur, et sont 
maintenant réunis sous forme de cahier. 

Nous n’avons pas retrouvé les articles corres- 
pondants dans le compte relié. 



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XIV 



i6g. — 1302, sans date . — * Ontfanghen van ghe- 
leenden ghelde der stede. » 

État des sommes que la ville a reçues en prêt de 
cinquante-sept de ses bourgeois et bourgeoises. Les 
articles sont pour la plupart de cinq à cinquante livres: 
les chanoines de Saint-Donat font une avance de cent 
livres, et M. » Ghildolue » (de Gruthuse) figure pour 
quatre cents livres. Le total est de 1,762 %. 4 s. 3 d . 
parisis. 

Feuille de parchemin probablement détachée d'un cahier on rouleau 
qui est perdu. 

Il y a au compte, feuillet xxxi r° et suivants, 
tout un rôle de personnes qui ont prêté de 
Targent à la ville, mais la plupart des noms 
diffèrent, ainsi que le total des sommes prêtées. 
Le présent état serait-il bien dressé pour un 
emprunt fait en i3o2? 

171. — 1302, du 23 mai au 6 août . — « Woensdaghes 
nauonts als min here cam te Brugghe. » 

Comptes des dépenses de cuisine que la ville a payées 
pour Guillaume de Juliers, sa suite et ses compagnons 
d’armes, depuis son arrivée, le mercredi soir du 23 mai, 
jusqu’à son retour à Bruges, après la bataille de Groe- 
ninghe-lez-Courtrai ou des « Éperons d’or ». 

La marche et les étapes du comte Guillaume et de 
sa troupe dans la Westflandre ; les quantités et les 
espèces de provisions de bouche qui leur ont été four- 
nies ; les noms des livranciers et le prix des objets ; 
les remarques du comptable qui n’a pu bien spécifier 
les articles de dépense, le lendemain et le surlendemain 
de la victoire du 11 Juillet; toutes ces particularités, 
notées jour par jour, concourent à rendre ce document 
des plus intéressants. 



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XV 



Rôle de neuf feuilles de parchemin étroit. Il y a quelques taches 
ocreuses et une demi-douzaine de petites lacunes causées par les rongeurs. 

Suscription : » C’est un brief du despens de le cuisine mon singneur 
Guill. de Julers. « 

Quant aux taches particulières dont ce rôle est maculé, voici la 
présomption formulée par M. Bossaert : « On a pu voir que quelques 
« mots sont illisibles à la date du mercredi et du jeudi (n et 12 Juillet, 
» date de la- bataille de Courtrai ou des Éperons d’or). Le parchemin 

* est, dans cet endroit, imprégné de taches ocreuses, comme s’il avait 

* été teint de sang. Le comptable qui l’a manié jour par jour, fut 

* peut-être lui-même blessé en combaltant à cette journée meurtrière. 
■ On remarque ensuite que, le lendemain et le surlendemain, l’écrivain 
« n’a pu bien spécifier les dépenses. Il se comprend que l’ivresse géné- 
» raie, causée par une victoire aussi complète, a dû pour un instant 

* altérer la discipline militaire et l’exactitude même du clerc le plus 
» ponctuel. * Voy. la Flandre, » Breidel et Coninc *, t. I, p. 315. 

Ce qui confirmerait l’opinion de M. Bossaert 
au sujet des blessures reçues par le comptable, 
c’est qu’à partir du i 5 Juillet, les annotations 
sont faites en français et qu’elles sont ainsi con- 
tinuées jusqu’au 22. Il faut donc supposer qu’un 
autre personnage aura tenu le rôle au courant 
jusqu’à ce qu’il fût permis au blessé de repren- 
dre ses fonctions. 

Ce rôle est un de ceux dont on perd les 
traces dans le compte général. Sous la date du 
22 Juillet, on a fait dans le premier de ces do- 
cuments une récapitulation de sommes payées 
aux principaux fournisseurs, tels que Ansen, 
Jaquemon Puis et Wautier le Keu. Les mêmes 
personnages se retrouvent au compte, feuillet 
xxxix r°, et reçoivent des sommes assez impor- 
tantes ; ne serions-nous pas autorisé à affirmer que 
le rôle a été remanié pour ne renseigner les dé- 
penses de cuisine que sous le nom du fournisseur? 



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XVI 



172. — 1302, 6 Août. — « Cis escris nest fais pour 
les despens par mon signeur fais ke puis ke me sire 
se départi de Gant et il vint à Bruges auskes au deluns 
apries le Saint Piere entrant auoust. » 

Dépenses pour logement à Bruges et frais divers de 
Guillaume de Juliers et de sa troupe. Ce compte com- 
prend deux parties: la première, celle des paiements 
à divers hôteliers, s’élève à 1,797 &. 4 s. parisis; la 
seconde, celle de sommes dues à plusieurs chevaliers 
et écuyers pour prix de chevaux morts ou perdus, à 

949 ®- *3 s - 

Rôle composé de trois feuillets de vélin. Il est écrit avec peu 
de soin et semble n’être qu’un brouillon ; plusieurs articles ont été 
changés, d’autres biffés. Une douzaine de lignes sont mutilées par les 
rongeurs. > * 

Il est évident que, comme les précédents, ce 
rôle a dû subir plusieurs modifications avant 
d’être transcrit au chapitre des dépenses du 
compte relié. On en trouve des traces aux feuil- 
lets xli et suivants jusqu’au feuillet xlvij. En 
ce qui concerne la partie relative aux chevaux 
morts ou perdus, le remaniement ne saurait 
être nié. 

173. — 1302, 10 Août . — «C’est li despens pour lostel 
mon signeur Willaume de Julers par les mariscaus, 
dou de luns apries le saint Piere entrant auoust juskes 
au jour Saint Leurent, en l’an m trois cens et deus. » 

Note des frais d’entretien des chevaux et des dépenses 
pour harnais et maréchalerie, de Guillaume de Juliers 
et de sa troupe, s’élevant au total de 878 Tb. 1 s . 10 d . 
parisis. Hors de ce chiffre, le compte se termine par 
quelques payements dont les causes ne sont pas toutes 
indiquées. 



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XVII 



Rouleau de deux feuillets de vélin. L’écriture est plus correcte qu’au 
numéro précédent et il y a moins de surcharges. 

Cette note de frais doit être comprise au 
compte à partir du feuillet xli, jusqu’au feuillet 
xlv r°, où Ton trouve vers la fin, entr’autres, 
un libellé correspondant à celui-ci : « It. pour 
le despens mon signeur Williame de Julers à 
W.'de le Vorde et à Jehan Bourse, de Roullers, 
lxiij » [. Inventaire , p. i36, in fine.] 

174. — 1302, 17 Août. — • Le venredi apres le jour 
notre Dame, a mi aoust. * 

Compte des fournitures de pain à la troupe de Guil- 
laume de Juliers, pendant la campagne de cette année, 
depuis son départ de Bruges, le 31 Mai, jusqu’à son 
retour en cette ville. La première partie contient les 
paiements faits pour le pain qui a été livré par les 
soins du bailli de Flandre; la deuxième pour celui que 
les abbayes du métier de Fûmes et des environs de 
Gand ont fourni ; la troisième contient les coût et frais 
de manutention du blé qui a été converti en pain à 
Courtrai et à Bruges. On y trouve aussi la note des 
objets d’ameublement achetés pour la chambre de 
Mgr. et celle de quelques ustensiles loués pour sa table 
et sa cuisine. 

Rouleau de quatre bandes de parchemin. Deux taches couvrent une 
partie du texte. Ces bandes, cousues bout-à-bout, quoique se rapportant 
au même sujet, ne laissent pas que d’être des fragments et de présenter 
des lacunes. 

Voir le compte relié, feuillet xxxix v°, au 
paragraphe « Paneterie » pour le pain ; et feuillet 
xl v°, « Item omme den cost van der camere 
vteghegheuen », pour les objets d'ameublement. 

Annales, 4* Série, t. VIII. 11 



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XVIII 



175 . — 1302, 2 5 Août. — • Dit syn die coste die 
Godeuard de rudder van Merheym dede jn Clais Wou- 
ters huus, van saterdaghes naer Onser Vrouwen daghe 
tote sondaghes naer Sinte Bartelmeus daghe, xij %. * 

Deux notes de dépenses pour réparations et maré- 
chalerie ainsi que pour nourriture et logement d’hommes 
et de chevaux au service de Godevard de Merhem, 
chevalier, logé chez Nicolas Wouters à Bruges. La 
première de ces notes s’élève à 67 % . 12 s. parisfs et 
l’autre à 19 %. 16 s. 2 d. parisis. 

Deux feuillets de parchemin attachés bout-à-bout. 

Voir le compte au feuillet xliiij r°, in fine, et 
les premières lignes du même feuillet au verso. 

176. — 1302, 29 Août. — » Le iour Sain Jehan deco- 
lasse, lan mil trois cens et deus. » 

Dépenses pour logement et nourriture de Guillaume 
de Juliers et de ses compagnons et de leurs chevaux, 
pendant quatorze jours, à Bruges. On a joint une note 
de déboursés, faits par un des varlets, en différents 
voyages, pour le service du pays. 

Rôle de quatre feuilles de parchemin, cousues à la suite l’une de 
l’autre. 

La plupart des articles de ce rôle doivent 
trouver place entre les feuillets xli et xliiij du 
compte relié. Le libellé final est reproduit au 
commencement du feuillet xliiij r°. 

177. — 1302, 30 Août. — • Dit es vander hachterste 
kokenc. Expense coquine. • 

Note détaillée des provisions de bouche livrées à la 
cuisine de Guillaume de Juliers, du samedi 18 au ven- 
dredi 30 Août. Les dépenses pour ces treize jours 
s’élèvent à la somme de 208 ®. 10 s. n d. parisis. 



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XIX 



On remarque, à la date du 28 Août, un paiement de 
cinquante-deux sous à Jean Breidel, pour livraison de 
viande. 

Bande de quatre feuillets étroits. 

Il est à supposer que cette note a été comprise 
dans les dépenses de cuisine inscrites au compte, 
feuillet xxxix r°. En effet, nous y retrouvons, aux 
lignes 23 et 25, les deux derniers articles que 
la note contient, in fine, et le montant de la 
somme payée concorde parfaitement. 

180. — 1302-1303. — » Encore donnet pour les pertes 
de cheuaus ki sont mort en no sieruiche de plusieurs 
chevaliers, etc. • 

Résumé des dépenses faites pour Tentretien des hom- 
mes de guerre dont la spécification est dite se trouver 
dans les comptes particuliers. Ainsi, le second para- 
graphe mentionne la somme de 24,650 %. parisis payée 
* pour le bienfait de demi année », à 484 personnes tant 
comtes, chevaliers, qu’écuyers qui ont servi sous les 
fils du comte de Flandre. Une vingtaine de lignes com- 
prennent les payements aux ■ gens darmes * qui ont 
gardé les forts et les passages aux frontières de la 
Flandre vers la France. Le total général de ce résumé 
est 40,889 %, \ s. 2 d . parisis. 

Feuille de parchemin endommagée par l’humidité. On y remarque 
des points de couture qui témoignent qu’elle a fait partie d’un plus 
grand rôle. * 

Cet écrit semble appartenir au document 
suivant. 

181. — 1302-1303, sans date . — » C’est li das de le 
recepte de monsigneur de Namur. » 

Résumé des paiements faits pour les vivres, le loge- 



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XX 



ment et les chevaux de Robert et de Gui de Flandre, 
avec les chevaliers et écuyers sous leurs ordres, pendant 
leur séjour à Bourbourg et à Douai. On mentionne 
aussi quelques frais payés à Lille pour Guillaume de 
Juliers. Le total de ces dépenses, pour le détail des- 
quelles divers comptes particuliers sont rappelés, s’élève 
à la somme de 93,165 &. 6 d . parisis. 

Deux feuilles de parchemin, dont le côté droit est avarié et en 
partie détruit. 

La première partie de ce compte est d’une belle écriture. Le passage 
relatif à Wautier le foulon semble indiquer qu’il fut apuré par un 
frère du comte Gui de Flandre. 

Nous n’avons pu retrouver, au compte relié, 
les articles correspondants à ceux mentionnés 
dans les deux documents qui précèdent. Toute- 
fois il ne serait pas impossible que les paye- 
ments, qu’ils mentionnent, eussent été enregistrés 
aux feuillets xlix à ljj et liij, où l’on remarque 
les sommes importantes, payées aux seigneurs 
allemands. D’autre part, il est très-probable que 
les dépenses, dont il y est question, ont été 
imputées sur les fonds alloués à Gui de Namur 
et par conséquent payées à la décharge de la 
ville de Bruges. 

i 85 . — 1303, fin Février. — « It. à Bauduin de 
Miernes, pour le warde dou castiel de Nieppe, etc. * 

Paiements faits aux chevaliers, écuyers, arbalétriers 
et sergents qui ont eu la garde des villes, territoires 
et châteaux de Nieppe, Bergues, Gravelines, Bour- 
bourg et Watenes, pendant l’hiver de 1302-1303. Diffé- 
rents petits corps de troupes étaient alors à la solde 
du pays, durant l’espace de un à trois mois ; le service 
le plus long est celui de vingt arbalétriers de Langhe- 



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XXI 



mark, qui ont fait partie de la garnison de Bergues 
pendant 94 jours ; 276 sergents du territoire de Fûmes 
n’ont reçu que 25 jours de solde. Ce compte se termine 
par un paiement au nommé Gilles Dekene, dont le 
comptable dit: » Si moru a Watenes a le bataille*. 

Total de la dépense 21,227 3 s. 9 d \ parisis. 

La lettre C qui est en tête et les points de coulure qu’on remarque 
aux deux bouts de ce parchemin, témoignent qu’il est détaché d’un 
rôle dont les autres parties sont perdues. * 

Comme la mise en état de défense devait 
profiter au pays entier, il est à présumer que 
ce rôle est justificatif* d’une dépense faite par 
la trésorerie générale du comté de Flandre. Les 
observations présentées pour les deux pièces pré- 
cédentes sont donc encore applicables à celle-ci. 

190. — 1303 * fin Août. — «Compte des Burghmes- 
tres, Eschieuins et comité de la ville de Bruges, etc. • 

Compte rendu à Mgr. Jean de Namur, fils du comte 
de Flandre, de la perception des censes, revenus et 
produits divers de propriétés appartenant à des per- 
sonnes absentes et hostiles au pays. Ces propriétés sont 
pour la plupart situées dans le Franc de Bruges; et 
la recette, divisée en quatorze chapitres, s’élève à la 
somme de 13,184 &. 18 s. 7 1/2 d. parisis, pour l’année 
finissant à la mi- Août 1303. 

Cette première partie est suivie d’un compte de dé- 
penses payées pour la solde de troupes, au service du 
pays, pendant la même année ; il présente un total de 
23,375 &. 6 s. 9 1/2 d. parisis. 

Il résulte d’une note, au bas de cet écrit, que le mon- 
tant général des paiements étant de &. 94,777.13.9? 
et celui des recettes seulement de &. 13,184.18.7? 

La ville était en avance de . . %. 81,592.15.2 



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XXII 



Au verso, une autre récapitulation porte: 

* Somme de toute le dues, lxxx xiiij® iiij c xlvij 
xxj 1/2 d, 

* Ensi demeure, lxxxj ra cc lxij iij s . ij d . 

Rouleau de onze feuillets de vélin, ayant plus de six mètres de 
longueur. Écriture uniforme et soignée. 

Les deux premiers sont endommagés par les déchirures et par des 
taches qui ont effacé quelques mots. 

La matière de ce compte est reproduite dans le compte communal 
rendu de l’an 1303. 

Ce rouleau est intéressant à divers titres et 
particulièrement à cause de sa traduction du 
Thiois en Roman, qui permet de rapprocher les 
textes. Le chapitre des recettes est compris dans 
le compte relié aux feuillets iiij à xxiiij, où l’on 
remarquera toutefois, que la contexture des pa- 
ragraphes a subi quelques transformations. En 
ce qui concerne le chapitre des dépenses, il 
correspond aux articles dudit compte annuel, 
inscrits aux feuillets xlix et suivants, où le détail 
est plus longuement spécifié, notamment pour 
le paragraphe premier, relatif aux avances faites 
à Guillaume de Juliers, ainsi que pour certains 
libellés de la partie finale. D’ailleurs le contenu 
du rouleau ne saurait être la reproduction ab- 
solument exacte du document, auquel nous le 
rapportons comme ayant servi de type, puisque 
l’un et l'autre commencent et finissent à des 
dates différentes. 

A la question de savoir si, outre le compte 
relié et le compte en rouleau, il a été fait 



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XXIII 



d’autres expéditions d’une nature plus officielle, 
nous ne saurions donner de réponse rigoureuse- 
ment positive. Pareil travail de transcription 
peut avoir été exécuté, dans le but notamment 
d’opérer le dépôt d’une expédition du compte 
dans les archives du prince, qui, à cette époque, 
s’était placé à la tête du pays conformément 
aux volontés populaires ; cependant rien ne nous 
autorise à certifier que ce dépôt ait été effectué. 
Nous ferons même observer qu’il n’est pas certain 
qu’au compte en rouleau ait été joint la section 
des recettes, car, nous avons déjà eu l’occasion 
de le dire, la pagination de celui-ci commence 
par le chiffre romain j, et devant le numérotage, 
qui continue sans interruption, se trouve con? 
stamment posée la lettre A. Cela nous amène 
à conclure qu’aucune autre série de feuillets 
n’a dû précéder ce document. 

Mais, de ce qu’aucun exemplaire, autre que 
ceux dénommés plus haut, ne nous aurait été 
transmis, il ne résulte pas que le compte n’ait 
été préalablement dressé en minute. Nous som- 
mes même en mesure d’affirmer que les choses 
se sont, en réalité, passées ainsi. En effet, aux 
feuillets xl, septième article, et lxviij v°, troi- 
sième et quatrième articles, du compte relié, 
un peu au-dessus de chaque libellé, le scribe 
a tracé le mot « vacat » ; c’est l’expression con- 
ventionnelle qui indique au moins une portion 
de feuille laissée en blanc. En présence de la 
régularité absolue de la distance observée dans 



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XXIV 



la succession des lignes occupées par le texte, 
il eût été puéril, sinon ridicule de la part du 
copiste d'appeler l’attention sur certains espaces, 
réservés en vue de les signaler comme n’étant 
pas remplis, alors qu’ils le sont parfaitement. 
Aussi faut-il admettre que le mot « vacat » 
n’est que la reproduction servile de celui qui 
se trouvait écrit, fort probablement avec raison, 
dans la partie correspondante du document qui 
a servi de modèle ; et, sans devoir recourir à 
d’autres arguments, nous déclarerons, avec la 
plus complète assurance, que le compte relié 
est une première transcription de la minute. 

Sous un autre aspect, cette transcription se 
rapproche beaucoup du manuscrit primitif. A 
partir du feuillet xxxix r° jusqu’au feuillet 
xlviij r°, nous remarquons quelques annotations 
originales consignées, çà et là, par différentes 
mains et à certains intervalles de temps. En 
regard de chaque article de dépense, elles font 
connaître le personnage qui a été chargé de 
remettre l’argent, et parfois elles indiquent le 
nom de celui entre les mains de qui le payement 
a été effectué. Incontestablement, toutes ces 
déclarations, fort sommaires du reste, expriment 
le résultat d’un contrôle exercé sur certaines 
catégories de dépenses Nous refevons celle-ci : 

» Sol[utum] per D[enardum], per W. Sausir, per 
eosdem, per D. Th de Asselt, per G. de Matta ; 
paiet et comptet par le bailli ; solutum per Pieterkine ; 
betaelt bi der stede; totum soluit; S. per Zegard 



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XXV 



Wilhelmo Auri; S. per Jacobum de Staden; S. per 
Dfenardum] uxori Joannis Ooms ; Item solutum Joanni 
de N oit, solutum eidem domino Franconi; per Denar- 
dum Joanni de Neuele; solutum dicto Symoni; solutum 
de mandate Jacobi Cloppere; per Dfenardum] Joanni 
de Haelst; per Dfenardum] Joanni Wandelard; per 
Joannem Groote; jtem eidem domino per Dfenardum] ; 
per D. eidem Ricardo; per D. Wilhelmo Keyser; per 
Paulum Langhemaerc et Jacobum Cloppre. » 

Quant au compte en rouleau, il est la copie 
de la section des dépenses du compte relié. 
Cette opinion ne peut soulever aucun doute. 
L’expression « vacat « , dont il vient d’être ques- 
tion, est reproduite aux endroits correspondants ; 
tous les articles sont libellés de la même manière 
et se suivent dans un ordre identique. Là où, 
par inadvertance, le scribe s’était trompé, l’ordre 
a été rétabli au moyen d’un renvoi. Ce qui 
achève de fixer notre conviction, c’est que la 
même main a transcrit, avec une égale fermeté 
et sans désemparer, non seulement les divers 
libellés, mais encore les notes marginales pla- 
cées en regard. 

Les deux expéditions offrent des dissemblances 
d’un côté seulement: elles n’ont pas eu le même 
scribe pour transcripteur et par conséquent 
beaucoup de mots ont été orthographiés d’une 
manière différente. Quoique nous ayons pris 
soin d’annoter les variantes au bas des pages 108 
à 223 de notre publication, nous signalons ci- 
dessous les mots qui ont été reproduits sous 
une forme systématique dans chacun des deux 



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XXVI 



manuscrits. Les caractères italiques désignent 
les leçons du compte en rouleau: 



Barde, Baerde ; 

Bardemakre, Bacrmakerc ; 
Beghinen, Becghincn\ 
Bellenghem, Belle ghe cm ; 
besechede, besichede\ 
beuredene, beureidene ; 
boghemakre, boeghemakere ; 
Burssemakers, Buersemakers ; 
broet, broot ; 
capellaen, capelaen ; 
capitain, capitaen ; 
Carstinmanne, Karstimanne\ 
Chavetinghe, Chaeftinghe ; 
Clays, Clais; 

Coepmanne, Coopmattne ; 
Colarde, Colaerde\ 

Coning, Coninc\ 
coningstaule, conincstaule ; 
Coussceppers, Coussesceppers ; 
Culcstickers, Cuelcstickers ; 
Curtrike, Cuertrike ; 

Denarde, Denaerde ; 
dualen, dwalen ; 

Euerarde, Eueraerde ; 

F ru tiers, Fruitiers \ 
garsoene, gaersoene; 
gheselschepe, gheselscepe ; 
ghesent, gesent; 

Ghulcke, Gulche; 
heetene, hetene ; 

Heinric, Heinrike\ 
hereuard, hereuaert\ 
hereuarden, hereuaerden ; 
Hermanne, Heremanne ; 
hoed, hoet; 
hoftmar.s, hooftmans \ 

Houcke, Hoeke ; 

Janne, Jhanrte ; 

Kersghieters, Kerseghieters ; 



Makelars, Makelaers ; 
Marscalc, Maerscalc \ 
Martin, Afaertine; 

Merhem, Merheem ; 
mestre, meester ; 
ministrelen, meinestrelen ; 
Monec, Moenec\ 

Oestburch, Oostburgh ; 
Oesterling, Oosterlinc ; 
Oestheren, Oostheren ; 
omme, otn ; 

Paeschen, Paschen ; 
parde, paerde\ 

Pieterchem, Pietercheem ; 
Plateel, Platele ; 

Ponterasse, Pottderase ; 
Richarde, Richaerde ; 

Rogier, Roeger\ 

Scherres, Sceerres ; 
scoelakene, scolakene\ 
Scoudebrouc, Scoedebroec \ 
Scotelare, Scoetelare ; 

Suin, Switt ; 
teliurert, teliuereert ; 
twintechsten, twintichsten ; 
ver ter t, verteert; 
Vleschouwers, Vlecschouwers ; 
wapinen, wapetten ; 
Wandelarde, Wandelaerde ; 
Wlres, Vt/ 1res ; 
zacke, sache ; 
zalme, sainte ; 
zelscotters, seilscotters ; 
zeluen, seluett\ 

Ziessele, Siessele\ 

Zomerghem, Somergheem ; 
zout, soûl; 

Zuinarde, Swinaerde. 



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XXVII 



Rien n’est plus facile que de constater, au 
moyen de ces extraits, la différence de dialecte 
chez les deux scribes. Celui qui a transcrit le 
rouleau parlait un langage dans lequel la plupart 
des syllabes étaient allongées. Témoin, par 
exemple, la lettre a qui devient ae, et la lettre 
e qui se transforme en ee. Dans certains cas, 
afin de faire subir aux mots une légère modi- 
fication correspondante à leur prononciation, 
deux voyelles de valeur différente sont jux- 
taposées; ainsi, il écrit ei au lieu de e ou i, oe 
pour o et ou, ue et ui pour u; il remplace le 
g par le c, le d par le t comme lettre finale, 
et la lettre s par le z au commencement des 
mots; le plus souvent il supprime la lettre h 
qui suit le c; ainsi, presque partout, nous lisons 
ydaen, yleit, y sent, yselscepe, vteygheuen pour ghe- 
daen , gheleit, ghesent, gheselschepe, vteghegheuen. 
Nous avons à présenter une dernière remarque : 
c’est que fréquemment, il place la lettre t devant 
le vocable, même lorsque celui-ci est déjà précédé 
de la lettre s; tels sont les mots : tscasteleins, tSin- 
xen, tSinxedaghe, tsCamerlinx, tseren [ tsheren ], et, en 
général, devant tous les noms de jours: tsdynxen- 
daghes, tswonsdaghes, tsonderdaghes, tsfriindaghes, 
tsaterdaghes et tsoendaghes. 

Enfin, dans le rouleau comme dans le compte 
relié, où toutefois les lignes sont moins rap- 
prochées, le tracé a été disposé avec une exac- 
titude mathématique ; puis, au cours de la 
transcription, le scribe a laissé des lignes non 



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XXVIII 



occupées, là où il s’agissait de discerner entre 
les divers paragraphes d’un même chapitre. 
C’est ainsi qu'il a cherché à grouper les recettes 
ou les dépenses concernant le même personnage 
ou afférentes au même sujet. Généralement, mais 
dans le compte relié seul, un fragment de cha- 
pitre ou l’un de ses paragraphes termine la 
page; le résultat inévitable de ce mode de 
procéder a conduit le copiste à devoir laisser 
en blanc une notable portion de chaque feuillet 
du registre. Pour notre part nous avons es- 
sayé, autant que possible, d’imiter fidèlement 
le manuscrit dans la publication que nous 
avons entreprise, en indiquant proportionnelle- 
ment, au moyen d’interlignes plus ou moins 
nombreuses, les vides existants entre les divers 
libellés. 



' En quel endroit de. la ville ces documents 
devaient-ils être déposés et à l’usage de quel 
fonctionnaire étaient-ils destinés? Le compte 
en rouleau va nous l’apprendre. « Scriptum hic, 
et etiam super Hallam, in libro Martini de 
Ruga, per scabinos anni ccc ix « est-il écrit au 
folio A liiij ; tandis qu’à la place correspondante 
du compte relié, on s’est contenté de tracer ces 
seuls mots: « Scriptum hic, in anno ccc 0 ix°, 
per scabinos tune ». [Fol. lxix.] Ainsi c’est ce 
dernier exemplaire qui était déposé dans l’édifice 
connu sous le nom de « Halle », où il était en- 



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XXIX 



fermé, sous clé, dans les coffres de la Tré- 
sorerie; c’est aussi ce document qui avait été 
transcrit à l’usage d’un des premiers magistrats 
de la cité: le bourgmestre Martin van der Rughe. 

Nous sommes moins bien informés en ce 
qui concerne le compte en rouleau ; toutefois 
la lettre A, dont toutes ses feuilles sont cotées, 
semble nous indiquer, que, primitivement, il a 
fait partie d’une liasse de pièces comptables, et 
nous estimons que, plus tard, il aura été déposé 
au local du « Ghiselhuus », où le Magistrat 
tenait ses séances d’une manière permanente. 
C’était là, à vrai dire, que les Bourgmestres 
et les Échevins devaient tenir une expédition 
sous la main pour, à toute heure, pouvoir 
s’enquérir des payements faits, ou des préten- 
tions que les ayants-droit venaient exposer. 
Dans tous les cas, les deux expéditions ne se 
trouvaient pas réunies dans un même local, 
à preuve le texte, que nous venons de citer, et 
le suivant: « Item so es men sculdich den 
seluen Jacoppe den Garencopre, van xlviij elnen 
lakens Ghends rood ende wit yminghet, ende 
van enen ghelewen lakene ten zelscotters bouf ; 
ende tander laken droegen de Rade vander 
stede, iij %. xviij s. grote Actum per scabinos 
anni x », qui a été transcrit uniquement sur 
le compte en rouleau. Il est de toute évidence 
que ce libellé eût été inscrit immédiatement 
sur le second exemplaire du compte, si celui-ci 
s’était trouvé à portée du premier. 



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XXX 



Les opérations de la comptabilité communale 
ont commencé, dit la formule introductive, « à 
l’issue de Mai», en flamand «utgangende Meye». 
Que faut-il entendre par ces mots? Il peut être 
intéressant de savoir à quel instant précis les 
Magistrats ont pris en mains la gestion des 
finances de la ville de Bruges, et alors il devient 
nécessaire de rechercher la signification qu’il 
importe d’attacher aux termes susdits. 

Un ouvrage estimé, indispensable à tous ceux 
qui s’occupent de diplomatique, nous donne à 
ce sujet des explications fort judicieuses, qui, 
tout en ne rencontrant que les expressions em- 
ployées dans les écrits de langue latine, sont 
néanmoins applicables aux manuscrits de ré- 
daction française ou flamande. Nous reproduisons 
textuellement : « Mensis intrans, introïens, les 
seize premiers jours des mois de 3i jours, et 
les quinze premiers des mois de 3o jours. Ces 
jours se comptaient par un, deux, trois, comme 
nous les comptons aujourd’hui, on ne faisait 
qu’y ajouter le mot intrans ou introïens; par 
exemple: die XIV intrante maio, pour le 14 
mai. Il n’en est pas de même des jours marqués 
par Mensis exiens, astans, stans, restons, les quinze 
derniers jours du mois. On comptait ceux-ci 
en rétrogradant. Ainsi par exemple: Actum tertia 
die exeunte, astante, stante , restante mense septembri, 
ou bien, actum tertia die exitu mensis septembris, 
marque le 28 septembre, en commençant de 
compter par la fin de ce mois, et en rétrogradant, 



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XXXI 



un le 3 o, deux le 29, trois le 28, quatre le 
27, etc. On voit un grand nombre d’exemples 
de cette manière de compter dès le dixième 
siècle, dans le glossaire de M. Ducange; elle 
doit être remarquée pour ne pas s’y tromper » ( 4 ). 

Ces explications ne sont pas complètes et 
leur auteur aurait dû ajouter comment il fallait 
interpréter, lorsque à côté de la désignation de la 
période du mois ne se trouvait pas exprimé le 
jour ou le chiffre indicatif du quantième de ce 
même mois. Quoi qu’il en soit, il est certain 
que, s’il faut compter en rétrogradant les quinze 
ou les seize derniers jours, c’est bien, semble-t-il, 
celui qui sert de point de départ, qui doit être 
considéré comme étant Yexiens, l’issu, Yuytgaende, 
par excellence et à l’exclusion des autres. La 
citation suivante, empruntée à une charte fla- 
mande, fera ressortir d’une manière plus évidente 
le bien fondé de cette opinion : « Dit was ghedaen 
sdincsendaghe vor uutganghende Meye, jnt jaer ons 
Heren, als men screef dusentich drie hondert 
zesse ende dartich ( 5 ) ». Cette date correspond au 
28 mai i 336 . Mentionnons encore la suivante: 
« Dit was ghedaen smaendaghes naer sinte 
Vrbaens dach vp den vierden dach van wtgaende 



(4) L'art de vérifier les dates des faits historiques, etc., par un religieux 
de la Congrégation de Saint-Maur. Paris, 1 818. Tome II, Glossaire 
des dates , p. 23. 

(5) Emile vanden BüSSCHE, Inventaire des archives de VÊtat à 
Bruges, t. I, Chartes, p. 62, n° 156. 



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